Le traitement de l’air dans votre maison

Le traitement de l’air dans votre maison

On ne le sait pas forcément mais l’air intérieur est souvent bien plus pollué que l’air extérieur. Les conséquences ? Une qualité d’air nuisible pour nos poumons comme pour la maison… Grâce à quelques bons réflexes et des traitements ciblés, il est pourtant possible d’assainir efficacement l’air de son logement.

Pourquoi assainir l’intérieur de sa maison ?

Une qualité de l’air intérieur qui se dégrade

De mieux en mieux isolés, de plus en plus calfeutrés, sous l’effet de nombreuses réglementations thermiques, les logements d’aujourd’hui sont devenus des champions de l’efficacité énergique. Or cette isolation performante entraîne un renouvellement d’air qui peut être trop faible si les ventilations ne sont pas suffisamment bien dimensionnées.

Le risque ? Les polluants domestiques issus des appareils à combustion, du tabagisme, de la cuisson des aliments, mais aussi des peintures, des matériaux de construction, de la décoration, des meubles et des produits chimiques, cosmétiques ou d’entretien stagnent alors dans notre environnement et nous les respirons quotidiennement.

Une priorité pour votre santé

Un air intérieur vicié est plus dangereux pour la santé que la pollution extérieure. Pourquoi ? Parce que nous passons en moyenne 22h/24 à l’intérieur, et que l’air intérieur peut être jusqu’à 10 fois plus pollué que l’air extérieur ! Les activités domestiques (douches, vaisselle, lessive, cuisine et même respiration d’une famille de 4 personnes) produisent en moyenne 12 litres d’eau par jour ! L’humidité est malsaine pour la santé, mais aussi pour la maison.

Certains matériaux (moquettes, isolants, papiers peints, vernis peintures) et produits ménagers émettent des particules fines et autres composés organiques volatils (COV), nocifs pour la santé et l’environnement.

Les biocontaminants (moisissures, acariens, pollens, etc…) sont sources d’allergies.

Des impacts majeurs sur la maison

Les inconvénients d’un air pollué ne s’arrêtent pas à la santé des habitants. Ils concernent aussi toute la maison : une trop forte humidité va déclencher l’apparition de moisissures qui dégraderont la valeur de votre logement. A l’inverse, trop d’aération et un air trop sec pourront engendrer des pertes de chaleurs, des dommages sur les meubles ou parquets en bois en les fissurant.
En matière de qualité de l’air, la solution est donc le juste dosage entre isolation, étanchéité et ventilation ! De l’aération à la purification, en passant par la ventilation et la régulation de l’hygrométrie, il existe de nombreuses solutions pour améliorer la qualité de son air intérieur.

Comment diagnostiquer la qualité de mon air intérieur ?

Des sources de pollution intérieure variées

Les sources de pollutions au sein du logement sont multiples. Dans la maison, les matériaux de construction comme les isolants, la peinture, les revêtements de sol émettent des particules fines. Du côté de l’aménagement c’est la même chose, les meubles et les équipements de chauffage mal entretenus dégagent des polluants en continu. Et les activités que l’on pratique à la maison ne sont pas en reste, au premier rang desquelles l’humidité dégagée par la respiration, le séchage du linge, la pratique d’un sport ou encore le bricolage sans compter sur le tabagisme, les parfums, les bougies ou l’utilisation de produits ménagers. Ajoutez à cela les pollutions extérieures qui s’infiltrent et le cocktail bien qu’invisible est détonnant.

Voici quelques conseils pour diagnostiquer la qualité de l’air intérieur de votre maison :

  • D’un coup d’œil : vous repérez des taches de moisissures, des cloques sur la peinture, de la condensation sur les fenêtres, une odeur de renfermé ? Il y a trop d’humidité dans l’air. Vous déclarez une allergie ou trouvez que l’air est trop sec ? Ce sont de bons indices aussi.
  • Un diagnostic extérieur : vous pouvez également utiliser un hygromètre, un kit de diagnostic à faire soi-même, faire intervenir un cabinet d’expert en qualité de l’air ou investir dans une station de qualité de l’air qui mesure l’humidité, le CO2, le CO, les COV ou les particules fines par exemple.

Comment agir sur la qualité de l’air intérieur

Pister les logos environnementaux pour ses achats

Les matériaux de construction ou d’ameublement sont des sources de polluants, mais certains plus que d’autres. De nombreux logos ont vu le jour pour aider les particuliers à réduire la pollution de leur air intérieur. En voici quelques-uns qui vous seront utiles dans les rayons :

  • L’étiquette « Emissions dans l’air intérieur » mesure les émissions de COV (composés organiques volatils) sur une échelle d’A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions). Elle est présente sur les produits de construction ou de revêtement des parois utilisables en intérieur (cloisons, revêtements des sols, isolants, portes, fenêtres, peintures, vernis,…), ainsi si que sur les produits utilisés pour l’incorporation ou l’application des précédents (colles, adhésifs,…).

Choisir un système de chauffage peu émissif

Les systèmes de chauffage sont une source importante de polluants aériens dans la maison, notamment parce qu’ils produisent de fines particules imbrûlées.

Voici quelques conseils pour en limiter la diffusion dans la maison :

  • Faire un entretien régulier (une fois par an) de ses appareils de chauffage pour éviter les risques d’intoxication : ramonage des conduits de cheminée, vérification du chauffe-eau ou de la chaudière par un technicien qualifié, des  grilles entrées d’air et des bouches d’extraction de ventilation, etc.
  • Opter pour les appareils de chauffage au bois portant le label « flamme verte » : il intègre des exigences de qualité combustion et d’émission de particules. Les mieux notés ont 7 étoiles.
  • Choisir du bois de chauffage portant les labels « NF – Bois de Chauffage » et « France Bois Bûche » qui garantissent un bois sec de qualité peu chargés en polluants. Les granulés aussi ont leurs labels : « DIN Plus » et « EN Plus » sont à privilégier.

Chasser l’humidité !

Entre 40 % et 60 %, c’est le taux d’humidité idéal pour éviter le développement de moisissures et d’acariens. Diverses solutions existent pour vous aider à le stabiliser chez vous en complément d’une bonne aération :

  1. Le déshumidificateur d’air  : il capte une partie de l’humidité présente dans l’air ambiant afin d’assécher l’atmosphère. Dans une pièce à vivre chauffée au-delà de 15°C, il faudra privilégier un déshumidificateur à compresseur (son condenseur transforme la vapeur d’eau en eau et la collecte). Pour les pièces non chauffées (ou en dessous de 15°C), on préférera le déshumidificateur à gel de silice (son condenseur et ses rotors déshydratants imprégnés de gel de silice absorbent et fixent l’eau).
  2. L’humidificateur d’air : en deçà de 40 % d’humidité, il dégage de la vapeur d’eau pour rendre l’air plus humide et moins sec. 3 types de technologies existent :
  • L’humidificateur à vapeur froide (humidificateurs ultrasoniques) : idéal dans des pièces déjà bien chauffées. C’est une des méthodes les plus répandues et les plus rapides, mais elle produit un peu de calcaire.
  • L’humidificateur à vapeur chaude : il crée une vapeur stérile sans germes. C’est la méthode la plus classique qui a l’avantage de ne pas utiliser de consommable mais elle peut augmenter votre consommation d’énergie en électricité.
  • L’humidificateur par évaporation : une méthode silencieuse et naturelle qui demande plus de temps et des consommables.

Aérer et ventiler

Selon l’année de construction des logements, leur ventilation a été plus ou moins bien traitée. Petit récapitulatif :

  • Logements construits après 1955 : 

La réglementation introduit le principe d’aération dans la maison. L’aération étant soit faite naturellement grâce aux défauts d’étanchéité du logement, soit intentionnellement grâce aux fenêtres et aux grilles d’aération qui créent un tirage naturel. Ce type d’aération n’est pas contrôlable et donc d’une efficacité limitée. De plus, la déperdition d’énergie et de chaleur reste très importante avec ce système.

  • Logements construits après 1969 :

La réglementation sur les logements neufs construits à partir de 1969 impose une aération générale et permanente au sein du logement. L’aération doit se faire intentionnellement grâces aux grilles d’aération ou via un système de ventilation mécanique. Les pièces principales doivent en plus comporter des entrées d’air et l’évacuation de cet air doit se faire par les pièces de services.

  • Logements construits après 1982 :

La ventilation du logement devient une obligation légale (arrêtés du 24/03/1982 et du 28/10/1983). Cette réglementation rajoute des débits minimums d’air à respecter en fonction de la taille et du nombre de pièces du logement. Une ventilation mécanique est donc la solution la plus adaptée car elle permet de contrôler au mieux le débit et la circulation de l’air au sein du logement. C’est le début de l’ère de la VMC dans le neuf (Ventilation Mécanique Contrôlée).

Bon à savoir : Même si la ventilation est une obligation légale depuis maintenant quelques années, certaines observations mettent en lumière que 50% des logements ne répondent pas aux exigences réglementaires !

De l’air, de l’air, de l’air : comment bien aérer et ventiler chez soi

Vous venez de détecter la présence de polluants chez vous ? Voici les deux étapes à observer pour passer à l’action : l’évacuation des polluants existants grâce à l’aération, puis la réduction à la source grâce notamment à la ventilation.

Ouvrir grand ses fenêtres : l’aération naturelle

10 minutes par jour, c’est le temps d’aération minimum conseillé par pièce dans la maison. Ouvrir les portes et les fenêtres (en coupant le chauffage en hiver) est effectivement la façon la plus simple de renouveler l’air ambiant. Certains logements sont aussi équipés de grilles d’aération. Ces grilles sont souvent placées au-dessus d’une fenêtre ou porte-fenêtre et offrent un mince espace par lequel l’air peut s’infiltrer au sein de la maison. C’est ce que l’on appelle le tirage naturel de l’air. La seule contrainte : penser à vérifier régulièrement que les grilles ne soient pas obstruées. Mais même si votre logement est équipé en grille d’aération, une aération naturelle manuelle est fortement conseillée. Ces deux types d’aération sont complémentaires et permettent à votre habitation d’avoir un air renouvelé et sain en permanence.

Réduire la pollution à la source : la ventilation mécanique

Les aérateurs : Installé dans chaque pièce que l’on veut aérer (WC, salle de bains, cuisine, cave, buanderie), chaque aérateur ou extracteur, fonctionne de manière indépendante. Il est installé sur un mur de façade, en plafond ou intercalé entre deux tronçons de gaines, et chasse l’air pollué vers l’extérieur. L’air neuf est introduit dans la même pièce concernée, de préférence à l’opposé de l’aérateur, afin de permettre le remplacement de l’air extrait, en ajoutant par exemple une grille de compensation avec volet qui s’ouvre automatiquement selon la dépression créée par la mise en route de l’aérateur.

La VMC simple flux auto réglable : Elle évacue l’air vicié par des bouches situées dans les pièces de services (WC, salle de bains, cuisine) grâce à un groupe d’extraction centralisé qui fonctionne 24h/24. L’air neuf pénètre par les entrées d’air installées sur les menuiseries des pièces de vie.

La VMC double flux : Elle extrait l’air vicié, tout en introduisant de l’air neuf filtré. En hiver, l’air insufflé est préchauffé grâce à l’échangeur qui récupère, selon son rendement, 70 à 92 % des calories de l’air sortant. En été, l’air insufflé est rafraîchi dans l’échangeur car, en journée, l’air sortant est plus frais que l’air extérieur en entrant.

La ventilation centralisé par insufflation (VCI) : Ce système de ventilation centralisé par insufflation permet de renouveler l’air vicié de la maison lorsque la pose d’une VMC se révèle difficilement réalisable. L’air neuf, provenant de l’air des combles où elle est installée, est filtré, préchauffé (selon besoin), et insufflé par une bouche centrale dans le volume habitée. Après avoir balayé la maison, l’air vicié ressort par les défauts d’étanchéité.

Autres systèmes : Il existe d’autres systèmes dits de « puits canadien, puits climatique ou puits provençal », basés sur des principes de géothermie. Grâce à un système de tubes enterrés, l’air extérieur transporté vers la maison est tempéré du fait de l’inertie thermique du selon la saison (fraîcheur en été et chaleur en hiver).

Déshumidifier, humidifier, purifier

En complément d’un système de ventilation ou lorsque l’installation d’un système de ventilation est techniquement impossible, il est quand même possible de résoudre les problèmes d’humidité, d’air sec ou d’air pollué. Pour cela on s’équipera d’appareils mobiles. Ils pourront être placés dans les pièces concernées par la problématique identifiée.

Les déshumidificateurs : ils permettent d’atteindre un taux d’humidité dit « normal » (entre 40 et 60%) dans une pièce trop humide. Pour un air plus sain et confortable à respirer. Ils évitent le développement de moisissures, acariens et autres bactéries. Ils évitent la dégradation de l’état d’une pièce (peinture, papier peint, etc.).

Bon à savoir : un air plus sec se chauffe plus facilement.

 

Les humidificateurs : ils permettent d’atteindre un taux d’humidité dit « normal » (entre 40 et 60%) dans une pièce trop sèche. Pour un air plus sain et confortable à respirer (préconisé en cas de problèmes respiratoires, prévient les irritations.). Il est important de renouveler l’eau du réservoir avant chaque utilisation. Pensez à nettoyer le bac régulièrement.

Bon à savoir : un air trop sec peut entraîner des fissures dans les meubles en bois, parquets et planchers.

Les purificateurs : grâce à différents niveaux de filtres, ils permettent de filtrer l’air ambiant et diminuer les risques d’allergies en piégeant les grosses poussières et certaines particules nocives (polluants, pollens, acariens).

Bon à savoir : ils permettent également de combattre les mauvaises odeurs.

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