Risque d'infection : Les purificateurs d'air éliminent 90 % des aérosols dans les salles de classe

Risque d’infection : Les purificateurs d’air éliminent 90 % des aérosols dans les salles de classe

Risque d’infection : Les purificateurs d’air éliminent 90 % des aérosols dans les salles de classe

La voie la plus dangereuse pour une infection par le CoV-2 du SRAS est l’air : Par exemple, lorsque les personnes infectées éternuent ou toussent, elles catapultent des gouttelettes relativement grosses qui, cependant, coulent au sol dans un rayon de deux mètres. Les aérosols, des gouttelettes beaucoup plus petites, que nous émettons lorsque nous parlons ou respirons, sont également importants. Des études montrent que les agents pathogènes infectieux du SRAS-CoV-2 peuvent encore être détectés dans de tels aérosols plus de trois heures après leur émission et à plusieurs mètres d’une personne infectée. Le fluide contenu dans ces particules d’aérosol s’évapore rapidement, ce qui les rend plus petites et capables de se disperser dans une pièce en quelques minutes.

Dans les classes surchargées et mal ventilées ou mal chauffées, de nombreux enseignants, et des syndicats, demandent des purificateurs d’air, à l’image de ce qui se fait en Allemagne. Une région française, Auvergne Rhône Alpes, a d’ailleurs investi dans ces systèmes. Or le 2 novembre, sur France Inter, JM Blanquer a mis en doute l’efficacité des purificateurs d’air. « On a fait une étude scientifique. Les résultats ne sont pas probants. Parfois cela renvoie le virus », a-t-il dit. Mais quelle étude ? Nous avons posé la question à l’entourage du ministre. Et pu consulter cette étude, qui existe bien.

JM Blanquer conteste l’efficacité des purificateurs d’air

Rejetés très vite par JM Blanquer sans argument sérieux, les purificateurs d’air sont pourtant efficaces selon une étude de l’Université Goethe de Francfort. « Un purificateur diminue le nombre d’aérosols dans l’air à un niveau qui réduit grandement le risque d’être contaminé ». Cette expérimentation a été faite dans 4 salles de classe avec 27 élèves et un professeur pendant une semaine.

Purificateurs d’air : L’étude évoquée par JM Blanquer

JM Blanquer s’appuie sur une étude de l’Anses publiée en 2017. Pour l’Anses, « les éléments scientifiques collectés et analysés ne permettent pas de démontrer une efficacité en conditions réelles d’utilisation des dispositifs d’aération de l’air intérieur ». Bien au contraire l’étude signale les dangers liés à certains appareils comme ceux par photocatalyse ou encore les sprays vendus dans le commerce.

Pourtant l’Allemagne investit dans la généralisation avant l’hiver de ces appareils dans les classes.

Cette contradiction s’explique par le champ des études. « L’objectif de ces travaux n’était pas d’évaluer la pertinence globale de l’utilisation de systèmes d’épuration de l’air intérieur », explique l’étude de l’Anses. Elle laisse de côté certains procédés comme les ultraviolets. Elle n’évalue pas non plus, par exemple, les procédés par filtration mécanique. Elle donne un avis général sur des appareils et des procédés qui sont très différents. Et au final l’avis est tellement général qu’il a ses limites.

Les experts américains portent les mêmes remarques sur certains purificateurs que l’Anses. Par contre l’efficacité des systèmes de ventilation mécanique est établie aux États-Unis à condition d’avoir un filtre adapté aux petites particules porteuses du virus et de changer ces filtres régulièrement. En Europe ces systèmes de ventilation mécanique sont rares dans les écoles. Les Allemands misent sur des purificateurs par filtration dont l’efficacité n’est pas contestée dans l’étude de l’Anses. Bien au contraire, l’Anses souligne leur efficacité pour les très petites molécules et leur usage dans les salles blanches ou les centrales nucléaires. « Le plus grand risque avec les filtres est l’encrassement » dit l’Anses.

L’étude de l’Anses montre la dangerosité de certains procédés. Elle n’établit pas l’inefficacité des purificateurs en général. Mais invite les consommateurs à ne pas acheter n’importe quoi. A l’issue de cette étude il doit être possible de définir les matériels efficaces et d’écarter ceux qui peuvent avoir des effets négatifs pour la santé (et la question pourrait se poser en Auvergne Rhône Alpes). Les purificateurs d’air peuvent trouver place dans les salles de classe particulièrement cet hiver quand l’aération va trouver ses limites.

L’efficacité des purificateurs d’air est prouvée

Avec son équipe, Joachim Curtius, professeur de recherche atmosphérique expérimentale à l’université Goethe, a testé quatre purificateurs d’air dans une salle de classe avec 27 étudiants et leurs professeurs sur une période d’une semaine. Les purificateurs étaient équipés d’un simple préfiltre pour les grosses particules de poussière et les peluches ainsi que de filtres HEPA et à charbon actif. Ensemble, les filtres ont traité entre 760 et 1 460 m3 d’air par heure. Outre la charge d’aérosol, les chercheurs ont également mesuré le volume des particules de poussière fine et la concentration de CO2 et ont analysé les niveaux de bruit causés par l’appareil. Le résultat : Une demi-heure après sa mise en marche, les purificateurs d’air avaient éliminé 90 % des aérosols de l’air.

Le professeur Curtius explique : « Sur la base de nos données de mesure, nous avons calculé un modèle qui permet l’estimation suivante : Un purificateur d’air réduit la quantité d’aérosols à un tel point que le risque d’être infecté par une personne très contagieuse, un super-épandeur, est fortement réduit. C’est pourquoi nous recommandons que les écoles utilisent cet hiver des purificateurs d’air HEPA avec un débit d’air suffisamment élevé ».

Des mesures de bruit et une enquête auprès des élèves et des enseignants ont révélé que dans la plupart des cas, le bruit produit par le purificateur d’air n’était pas considéré comme gênant, à condition que l’appareil ne fonctionne pas au plus haut niveau.

Les chercheurs ont également mesuré que le purificateur d’air – en plus de réduire le risque d’infection – réduit les allergènes et les fines particules de poussière (PM10). Joachim Curtius : « Un filtre à air ne remplace cependant pas l’ouverture de la fenêtre à intervalles réguliers, qui est importante pour diminuer la concentration de CO2 dans la pièce. Nos mesures dans les salles de classe ont montré que les niveaux dépassaient souvent les limites recommandées. Ici, nous recommandons d’installer des capteurs de CO2 afin que les élèves et les enseignants puissent contrôler eux-mêmes ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *