Quelle est la meilleure plante pour purifier l’air de votre maison ?

Quelle est la meilleure plante pour purifier l’air de votre maison ?

Réponse : aucune ! Les plantes d’intérieur offrent bon nombre de bienfaits mais pour ce qui est de la pureté de l’air, elles n’ont aucun effet.

C’est une imposture que vous auriez peut-être préféré ne jamais voir démasquée. Aussi charmantes soient-elles, les plantes d’intérieure ne font quasiment rien pour purifier l’air de votre foyer, voilà ce qu’affirment les scientifiques qui étudient l’air que nous respirons.

« Nous avons décidé d’étudier ce phénomène plus en profondeur afin de confronter les nombreux articles et autres blogs dédiés au bien-être qui présentent les plantes comme la solution miracle pour une qualité optimale de l’air intérieur, » déclare Michael Waring, ingénieur en environnement et expert de la qualité de l’air à l’université Drexel.

Dans une étude récente publiée par la revue Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology, Waring et ses coauteurs ont passé en revue 12 rapports scientifiques publiés ces dix dernières années dans lesquels ont été testés 196 plantes au total.

Ces études menées en laboratoire affirmaient dans leur conclusion qu’une petite plante d’intérieur était capable d’éliminer diverses toxines contenues dans l’air. Selon Waring, l’expérience type réalisée par ces chercheurs consistait à placer une plante dans une petite chambre pour la soumettre à des molécules gazeuses appelées composés organiques volatils (COV). La densité et le délai d’élimination variaient d’une expérience à l’autre. L’une d’entre elles démontrait par exemple qu’en tout juste 24h, le lierre domestique pouvait éliminer deux tiers du formaldéhyde auquel il était exposé.

Le problème avec ces expériences, précise Waring, c’est la forte densité gazeuse des chambres utilisées, des conditions qui ne reflètent pas la réalité environnementale d’un bureau ou d’un foyer.

DU LABORATOIRE AU FOYER

Afin d’évaluer la façon dont ces plante pourraient interagir dans un environnement plus proche d’une réelle habitation, Waring a calculé le débit d’air propre (CADR, Clean air delivery rate) de chacune d’entre elles. Le CADR mesure le volume d’air propre insufflé dans une pièce par un purificateur d’air sur une période donnée.

En standardisant les résultats de chaque étude à l’aide du CADR, les chercheurs ont pu comparer l’efficacité des plantes dans la purification de l’air d’une pièce à celle d’autres stratégies éprouvées comme l’installation d’un purificateur d’air mécanique ou, plus simplement, l’ouverture d’une fenêtre.

« Même si les plantes éliminent les COV, elles le font à un rythme si lent qu’elles ne peuvent en aucun cas faire concurrence aux autres mécanismes de ventilation déjà à l’œuvre dans les bâtiments, » explique Waring.

Afin de réduire suffisamment la concentration en COV pour avoir un impact sur la qualité de l’air, il faudrait environ 100 plantes par mètre carré. Pour un appartement de 50 mètres carrés, il faudrait donc 5 000 plantes, une véritable forêt.

Techniquement, les plantes éliminent une infime quantité de toxines en suspension dans l’air mais « pour arriver au niveau des autres mécanismes de ventilation, il faudrait une quantité inenvisageable de plantes, » résume-t-il.

MAIS EN FAIT, OÙ EST LE PROBLÈME DE L’AIR ?

« Tout employé a déjà passé du temps dans une salle de réunion chaude et étouffante, » indique Joe Allen, professeur à Harvard et spécialiste de l’influence de la conception des bâtiments sur notre santé. « Que se passe-t-il lorsque vous êtes dans cette pièce ? Vous êtes distrait, vous regardez votre montre et lorsque la porte s’ouvre elle insuffle littéralement de nouveau la vie dans la pièce, et vous le sentez. Vous êtes moins somnolent. Vos yeux s’ouvrent et vous vous sentez revivre. »

Comme le décrit Allen, son travail consiste à quantifier le bon sens, c’est-à-dire à mesurer notre compréhension innée du fait que certaines pièces soient plus agréables à vivre que d’autres.

Selon lui, la pollution de l’air provient de plusieurs sources. La cuisine peut générer de la matière particulaire et les COV peuvent émaner des nettoyants chimiques et des revêtements synthétiques appliqués sur les tapis ou les meubles.

« Souvent, la personne qui gère l’aménagement de votre bâtiment a un plus grand impact sur votre santé que votre médecin car c’est elle qui est responsable d’une grande partie de ces facteurs, comme la ventilation ou les matériaux de construction, » explique-t-il.

La façon la plus efficace et la plus évidente d’atténuer la pollution de l’air intérieur est de supprimer sa source, indiquent les experts. Waring insiste sur le fait qu’un air propre est dénué d’odeurs, donc pulvériser la pièce avec un purificateur d’air parfumé reviendrait plutôt à vaporiser du parfum qu’à éliminer les toxines.

« Ce serait vraiment magnifique que toutes ces plantes puissent nettoyer l’air qui nous entoure à notre place, » observe Elliott Gall, professeur à l’université d’État de Portland qui étudie l’impact des bâtiments sur la qualité de l’air. « Mais il existe de meilleures méthodes pour nettoyer l’air intérieur et elles nécessitent des systèmes mécaniques pour faire passer l’air à travers un dispositif filtrant. »

Dans ce type de mécanisme, l’air à filtrer est souvent pompé de l’extérieur vers l’intérieur mais lorsque l’air extérieur est tout autant pollué, certains utilisent de la végétation ou des murs végétalisés pour réduire la pollution de l’air. Gall indique que les zones protégées par un mur végétalisé judicieusement conçu enregistrent une réduction des émissions comprise entre 10 et 30 %, mais la meilleure option reste encore de supprimer la source de pollution.

« Supprimer la pollution de l’air est souvent synonyme de réduire l’activité économique ou de modifier les déplacements de personnes d’un côté à l’autre de la ville, » ajoute-t-il. « Mais supprimer la source est la solution la plus efficace pour réduire la pollution. »

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